le 16 septembre 2013 - François Mourad

Municipales 2014 à Carcassonne : vers un affrontement PS / FN ?

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À 6 mois seulement des élections, l’engagement des candidats (déclarés ou pas) est pour le moins timide. On ne se répond même pas puisqu’on ne s’est pas encore parlé.

Des projets ? Allons bon ! Vous n’allez quand même pas nous ressortir le dessin du téléphérique pour relier le centre ville à la Cité ?

Jean-Claude Pérez, maire sortant, devra défendre son bilan mais avant tout, souffrira durement de l’anti-gouvernement en place, de l’anti-Hollande, de l’anti-PS et par conséquent, de l’anti-Pérez.
Il devra également composer avec une liste PC annoncée par le « parti » (alors que plusieurs élus de sa majorité sont communistes), peut-être même avec un liste « Écolo » et/ou une liste « Divers Gauche » qui, si elle voyait le jour, devrait être suffisamment courageuse et armée pour provoquer les barrons régionaux. Ce n’est pas gagné.
Il faudra également renouveler une équipe qui ne fait pas toujours l’unanimité (les noms de Guy Giva et d’André Sylvestre circulent déjà. Ce dernier a démenti), réitérer des vœux d’amitié avec l’ennemi d’hier (Alain Tarlier) et proposer un véritable plan d’avenir pour Carcassonne. À vos cahiers.

À droite, la représentante de l’ancien parti présidentiel, Isabelle Chésa, ne pourra pas seulement s’appuyer sur une UMP locale atone et qui compte peu d’adhérents ou sur d’anciens sympathisants de feu son père, aujourd’hui plus combattants que combatifs.
Autres entraves à « l’union », la liste « Boissonade » menée par l’atypique chef d’entreprise audois et la rupture (consommée) avec l’ancien maire Gérard Larrat, qui jusqu’à preuve du contraire, est candidat.

À ce duel bicéphale, s’ajoute la voix de Robert Morio, surveillant de prison de 40 ans, candidat FN « tête haute et mains propres » (le ton est donné), qui n’aura aucune difficulté à jouer de la déconfiture de l’UMP carcassonnaise et du vote sanction à l’encontre du maire sortant. Nul besoin de battre campagne, les autres candidats et le climat local (national ?) le font pour lui.

À ce duel désormais tricéphale s’ajoute aussi la voix de Jean-François Daraud, éternel « trublion » des échéances électorales qui cette fois-ci, s’est vu gratifié du crédit de l’UDI, parti centriste de l’ancien ministre Borloo. À voir.

Alors, nul besoin d’être un fin analyste politique pour comprendre que des deux « grands » partis risque de ne sortir qu’un seul candidat (avec un score à moins de 30% au premier tour), face au FN. Cas d’école.

Il faut dire qu’en quelques années, le Front National est devenu un parti aussi lisse que la peau de sa souveraine. Fréquentable. Un surf travaillé sur des problématiques pauvres, génératrices d’allocutions télévisées vides de sens et de commentaires web agressifs, mais qui ont au moins le mérite de permettre, à certain, de relâcher un peu la pression et de ne tirer sur personne ; de la com bien rôdée, des ânes à l’autre bout du fil et des thématiques d’orfèvre « Drogue, violence conjugale et lingerie fine. Immersion dans les dessous d’une djellaba ».

Exemple ce matin sur Facebook avec ce commentaire à un article du Bloc Identitaire :

TVcarcassonne Carcassonne TV municipales 2014 François Mourad Jean-Claude Pérez Isabelle Chésa Hervé Boissonade Gérard Larrat Jean-François Daraud

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et aujourd’hui, ça ne gêne plus personne. On ne se cache plus que derrière son ordinateur, une adresse email, un pseudo ou un avatar et les cyber-autorités sont trop occupées à traquer les gars qui téléchargent la saison 3 de Desperate. Alors FEU, je balance un truc bien facho et je passe mon aprèm à regarder si j’ai des réactions ou peut être même des demandes d’amis ! Et on joue à celui qui façonnera la plus belle perle. C’est aussi ça l’artisanat local.

La France est une bombe à retardement, Carcassonne un plomb.

Clochardisation d’un centre ville désert et ivresse en tout genre, menus larcins, commerçants aigris, gamins dans des voitures à 60 000 (pas kilomètres mais euros) et regards agressifs.
Parallèlement, terrasses de café bondées et rayons de soleil, commerçants accueillants, touristes généreux, apéros amicaux et musicaux, jeunes souriants, proximité, entraide et toca mano.

Malheureusement, c’est la crise et la balance penche du mauvais côté. La moindre étincelle et BOOM ! Chronique d’une ville pauvre dans le sud de la France.

Les gens en ont ras-le-bol et il leur faut un coupable. Il faut lui donner un nom, le faire descendre dans l’arène avec des lions puis, quand il se fera bouffer, que le sang jaillira, la foule, apprêtée, pourra enfin crier sa joie et danser (les taureaux, ça ne suffit pas).

Dans cet état (État) là, plus aucune illusion. Moi, j’ai mon pronostic. Je n’aime pas jouer, il est bien triste mais c’est le mien. Espérons que nos politiques locaux et leurs aspirants (qui ne sont pas toujours timides), se mettent au travail, me fassent mentir et nous fassent rêver.

François Mourad

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